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主题 : [录入]纪录片《圆明园》中三段法国人的著名信件原文(王志诚,雨果,巴特尔)
大白菜 离线
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楼主  发表于: 2007-02-28   
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[录入]纪录片《圆明园》中三段法国人的著名信件原文(王志诚,雨果,巴特尔)



传教士王至诚口中的万园之园:





[…] tout y est grand et véritablement beau, soit pour le dessin, soit pour
l'exécution, et j'en suis d'autant plus frappé, que nulle part rien de
semblable ne s'est offert à mes yeux […]. Ce palais est au moins de la grandeur
de Dijon […]. Il
consiste en général dans une grande quantité de corps de logis, détachés les
uns des autres, mais dans une belle symétrie, et séparés par de vastes cours,
par des jardins et des parterres. La façade de tous ces corps de logis est
brillante par la dorure, le vernis et les peintures. L'intérieur est garni et
meublé de tout ce que la Chine,
les Indes et l'Europe ont de plus beau et de plus précieux. Pour les maisons de
plaisance, elles sont charmantes. Elles consistent dans un vaste terrain, où
l'on a élevé à la main de petites montagnes, hautes depuis vingt jusqu'à
cinquante et soixante pieds, ce qui forme une infinité de petits vallons. Des
canaux d'une eau claire
arrosent le fond de ces vallons, et vont se joindre en plusieurs endroits pour
former des étangs et des mers. On parcourt ces canaux, ces mers et ces étangs
sur de belles et magnifiques barques […]. Dans chacun de ces vallons, sur le
bord des eaux, sont des bâtiments parfaitement assortis de plusieurs corps de
logis, de cours de galeries ouvertes et fermées, de jardins, de parterres, de
cascades, etc., ce qui fait un assemblage dont le coup d'œil est admirable. On
sort d'un vallon, non par de belles allées, droites comme en Europe, mais par
des zigzags, par des circuits, qui sont eux-mêmes ornés de petits pavillons, de
petites grottes, et au sortir desquels on retrouve un second vallon tout
différent du premier, soit pour la forme du terrain, soit pour la structure des
bâtiments. Toutes les montagnes et collines sont couvertes d'arbres, surtout d'arbres
à fleurs, qui sont ici très communs. C'est un vrai paradis terrestre. Les
canaux ne sont point comme chez nous bordés de pierres de taille tirées au
cordeau, mais tout rustiquement avec des morceaux de roche, dont les uns
avancent, les autres reculent, et qui sont posés avec tant d'art, qu'on dirait
que c'est l'ouvrage de la nature. Tantôt le canal est large, tantôt étroit :
ici il serpente, là il fait des coudes, comme si réellement il était poussé par
les collines et les rochers. Les bords sont semés de fleurs qui sortent des
rocailles, et qui paraissent y être l'ouvrage de la nature ; chaque saison a
les siennes. Outre les canaux, il y a partout des chemins, ou plutôt des
sentiers, qui sont pavés de petits cailloux, et qui conduisent d'un vallon à l'autre.
Ces sentiers vont aussi en serpentant ; tantôt ils sont sur les bords des
canaux, tantôt ils s'en éloignent. Arrivé dans un vallon, on aperçoit les
bâtiments. Toute la façade est en colonnes et en fenêtres ; la charpente dorée,
peinte, vernissée ; les murailles de brique grise, bien taillée, bien polie ;
les toits, couverts de tuiles vernissées, rouges, jaunes, bleues, vertes,
violettes, qui par leur mélange et leur arrangement font une agréable variété
de compartiments et de dessins. Ces bâtiments n'ont presque tous qu'un
rez-de-chaussée. Ils sont élevés de terre, de deux, quatre, six ou huit pieds.
Quelques-uns ont un étage. On y monte, non par des degrés de pierre façonnés
avec art, mais par des rochers, qui semblent être des degrés faits par la nature.
Rien ne ressemble tant à ces palais fabuleux de fées, qu'on suppose au milieu
d'un désert, élevés sur un roc dont l'avenue est raboteuse, et va en serpentant
[…]. Chaque vallon comme je l'ai dit, a sa maison de plaisance ; petite, eu
égard à l'étendue de tout l'enclos, mais en elle-même assez considérable pour
loger le plus grand de nos seigneurs d'Europe avec toute sa suite. […] Mais
combien croirez-vous qu'il y a de ces palais dans les différents vallons de ce
vaste enclos ? Il y en a plus de deux cents, sans compter autant de maisons
pour les eunuques […]. Mais dans les maisons de plaisance on veut que presque
partout il règne un beau désordre, une antisymétrique. Tout roule sur ce
principe : C'est une campagne rustique et naturelle qu'on veut représenter, une
solitude, non pas un palais bien ordonné dans toutes les règles de la symétrie
et du rapport […]. Tout est de bon goût, et si bien ménagé, que ce n'est pas
d'une seule vue qu'on en aperçoit toute la beauté, il faut examiner pièce à
pièce ; il y a de quoi s'amuser longtemps, et de quoi satisfaire toute sa
curiosité.

            

          

Jean-Denis
Attiret, Pékin 1er novembre 1743

Lettres édifiantes et curieuses, 1747




_________________________________________________________________



作家雨果怒诉的那两个无耻的强盗:



Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez
cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher
quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le
double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire
à partager entre la France
et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation
que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici : Il y avait, dans un coin du
monde, une merveille du monde : cette merveille s'appelait le palais d'Été.
L'art a deux principes, l'idée, qui produit l'art européen, et la
Chim
ère
, qui produit l'art oriental. Le
palais d'Été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal.
Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extrahumain était
là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre une et unique ; c'était une
sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.
Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un
édifice lunaire, et vous aurez le palais d'Été. Bâtissez un songe avec du
marbre, du jade, du bronze et de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre,
couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là
harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le,
émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui
soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des
jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des
ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la
fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce
monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail des générations. Cet
édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour
qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les
artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le palais d'Été ; Voltaire
en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les pyramides en Égypte, le
Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le palais d'Été en Orient. Si on ne le
voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu
entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la
civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.

Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais
d'Été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à
ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du palais d'Été s'est faite de compte
à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui
a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au
Parthénon, on l'a fait au palais d'Été, plus complètement et mieux, de manière
à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies
n'égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l'Orient. Il n'y avait
pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait des entassements
d'orfèvrerie. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli
ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en
Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux
bandits.

Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les
barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera
l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion !
les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les
gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L'Empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale
aujourd'hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide
bric-à-brac du palais d'Été. J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et
nettoyée, renverra ce butin à la
Chine
spoliée.

En attendant, il y a un vol et deux voleurs. Je le constate.

Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de
Chine.

             

         

Victor Hugo,
lettre au capitaine Butler

Hauteville-House, 25 novembre 1861




————————————————————————————————————

随军神甫巴特尔亲睹的焚毁圆明园:


附图: 大火之前巴特尔的铅笔素描,法国BNF藏品








À trente li ou trois lieues, au nord-ouest de la porte de Pékin, appelée
Si-tchi-mén (la "porte située directement à l'ouest"), on trouve un
grand bourg que l'on nomme Haï-thien, habité naguère encore, comme autrefois
Versailles, par une population nombreuse, attachée à la cour des empereurs
chinois, qui vivait uniquement des nombreuses industries que ces empereurs se
plaisaient à entretenir et à encourager. Au delà de ce bourg, est situé un parc
immense, plus grand à lui seul que toute la ville de Pékin, et ayant aussi deux
enceintes carrées concentriques, dans lesquelles se trouvaient disséminées
quarante palais d'architecture purement chinoise, dont on donne ici plusieurs
spécimens dessinés d'après quelques-uns des quarante magnifiques dessins
coloriés et exécutés sur soie par des artistes chinois, lesquels dessins ornent
un album provenant du cabinet de l'empereur Khien-loung, et acheté, dans ces
derniers temps, par la Bibliothèque
impériale de Paris. On y a ajouté une autre vue, tirée d'un album représentant
en vingt dessins, aussi coloriés, les palais construits à l'européenne par le
même empereur.

Ce fut l'empereur Young-tching, qui, sur les recommandations de son père, le
célèbre Kang-hi, contemporain de Louis XIV, choisit cette localité, au
nord-ouest de Pékin, pour y établir sa résidence d'été ; mais ce fut son
petit-fils, l'empereur Khien-loung, mort en 1796, après un règne de soixante
ans, qui fit de cette résidence l'ensemble le plus extraordinaire de palais, de
pavillons, de kiosques, de pièces d'eau, de rochers, de collines et de vallées
factices que la main de l'homme ait jamais créé.



Dès les premiers temps de la monarchie chinoise on voit les souverains de ce
pays, comme d'ailleurs ceux des autres monarques asiatiques, rechercher avec
passion le luxe des palais et des grands parcs réservés. Ainsi on lit dans le
philosophe Meng-tseu (368 avant J.-C.) :

"Siouan-Wang, roi de Tsi, interrogea Meng-tseu en ces termes : J'ai
entendu dire que le parc de Wen-Wang avait soixante-dix li (sept lieues) de
circonférence ; les avait-il véritablement ?

Meng-tseu répondit : c'est ce que l'histoire rapporte.

Le roi dit : D'après cela, il était donc d'une grandeur excessive ?

Meng-tseu dit : Le peuple le trouvait encore trop petit.

Le roi ajouta : J'ai un parc qui n'a que quarante li (quatre lieues) de
circonférence, et le peuple le trouve encore trop grand ; pourquoi cette
différence ?

Meng-tseu répondit : Le parc de Wen-Wang avait soixante-dix li de circuit ;
mais c'était là que se rendaient tous ceux qui avaient besoin de cueillir de
l'herbe ou de couper du bois. Ceux qui désiraient prendre des faisans ou des
lièvres allaient là. Comme le roi avait son parc en commun avec le peuple,
celui-ci le trouvait trop petit? quoiqu'il eût sept lieues de circonférence.
Cela n'était-il pas juste ?

Moi, votre serviteur, continue le philosophe, lorsque je commençai à franchir
la frontière, je m'informai de ce qui était principalement défendu dans votre
royaume, avant d'oser pénétrer plus avant. Votre serviteur apprit qu'il y avait
un parc de quatre lieues de tour, que l'homme du peuple qui y tuait un cerf
était puni de mort, comme s'il avait commis le meurtre d'un homme ; alors ce
parc est une véritable fosse de mort de quatre lieues de circonférence ouverte
au sein de votre royaume. Le peuple, qui trouve ce parc trop grand, n'a-t-il
pas raison ?

Le roi parla d'autre chose."



Le célèbre empereur des Thsin, Chi-Hoanq-Ti, qui, deux cent cinquante ans avant
notre ère, fit brûler tous les livres, après avoir détruit tous les royaumes
féodaux qui s'étaient formés en Chine sous les précédentes dynasties, se fit
faire des jardins de plaisance de trois cents li (ou trente lieues) de
circonférence, qu'il peupla de quadrupède, de poisons, d'oiseaux, d'arbres, de
plantes et de fleurs de tous les pays. Les historiens chinois disent qu'il y
réunit plus de trois mille espèces d'arbres. Il y fit construire en outre
autant de palais qu'il avait détruit de principautés ; et ces palais étaient
bâtis sur le modèle le plus beau qu'avait, offert chacune de ces mêmes
principautés.

L'empereur Wou-Ti des Han (140 av. notre ère) qui avait porté ses armes
jusqu'aux bords de la mer Caspienne et aux frontières de l'Inde, se fit
construire un parc qui avait plus de cinquante lieues de tour, parsemé de
palais, de kiosques, de grottes, de décorations de toutes sortes. Trente mille
esclaves y étaient continuellement occupés ; toutes les provinces de l'empire
devaient y envoyer chaque année ce qu'elles avaient de plus rare, en plantes,
en fleurs, en arbrisseaux et en arbres de toutes sortes.

Un autre empereur de la même dynastie ne partageait pas de tels goûts de
magnificence et négligeait ses jardins de plaisance. Un de ses ministres lui
ayant fait des observations à ce sujet, l'empereur répondit : "Je veux
l'aire un jardin de toute la
Chine
; si mon prédécesseur avait employé en défrichements
les sommes immenses qu'il a dépensées à agrandir et embellir ses parcs, bien
des milliers d'hommes, qui manquent de riz, en auraient abondamment."

             

         

Guillaume
Pauthier, "Palais d'Été de l'empereur Khien-Loung"

Le Tour du Monde, 1864




 

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1楼  发表于: 2007-02-28   

图中的建筑太美了:~(

圆明园看了一半就看不下去了,一想到这么旖旎瑰丽的盛景被糟蹋摧毁得那么彻底.心里又郁又怒.爬走...

 

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正需要的啊!感谢。虽然看不懂。。。。找人翻译去。

 

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